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Social

Unité pour un combat classe contre classe : affronter Sarkozy et lui infliger une défaite politique

Au moment où d’importantes mobilisations s’annoncent en défense des retraites, Sarkozy et son gouvernement cherchent à terroriser et à diviser en désignant des boucs émissaires : poursuite des expulsions d’immigrés, expulsions massives de Roms depuis début août. Et le discours de Sarkozy à Grenoble est dans la droite ligne de ce que certains historiens nomment la « xénophobie d’État ».

En dépit de ces manœuvres de diversion, les potentialités de combat exprimées avant l’été sont intactes. Au delà des retraites, c’est toute la politique du gouvernement qui est massivement rejetée.

Déconsidéré par les affaires qui expriment la putréfaction du régime, Sarkozy doit poursuivre et amplifier la guerre de classe qu’il mène au compte de la bourgeoisie, contre la jeunesse, contre les immigrés, contre l’Enseignement public, contre l’ensemble des acquis. Il durcit pour cela les mesures répressives, s’attaque aux libertés démocratiques.

Un nouvel arsenal législatif sur le bureau du Parlement…

Dès le 7 septembre, l’Assemblée examine le projet de loi contre les retraites ; le même jour le Sénat planche sur le projet de loi Hortefeux Loppsi 2. Selon la LDH, ce texte « est porteur d’un saut qualitatif considérable dans la construction d’une société de la surveillance, du soupçon et de la peur ». Et le 27 septembre, les députés entament la discussion du projet de loi Besson qui modifie le Ceseda.

Hortefeux et Besson ont rédigé des amendements à ces lois en particulier à propos de la déchéance de la nationalité. Besson a rédigé de nouveaux amendements pour faciliter les expulsions de ressortissants roumains et bulgares notamment roms ; Besson prévoit aussi un texte permettant l’expulsion de mineurs isolés roms (alors que la loi l’interdit pour toutes les nationalités). « On a parfois l’impression que les Roms servent de laboratoire juridique », explique le responsable d’une association.

Classe contre classe : RETRAIT des projets de lois réactionnaires

La défense des libertés démocratiques, la défense des Roms et des populations immigrées, la défense des retraites et de tous les acquis sociaux, exigent que se réalise l’unité du mouvement ouvrier pour un combat « classe contre classe », en mettant en avant les véritables revendications :

 arrêt immédiat des expulsions, des mises en demeure, de la campagne anti-Roms ;

 fermeture immédiate des centres de rétention ; liberté de circulation et d’installation pour tous ;

 retrait total et inconditionnel du nouveau projet de loi Besson (réforme du Ceseda) ; du projet Loppsi2 ;

 régularisation de tous les sans papiers ; abrogation de toutes les lois qui limitent la circulation sur l’ensemble du territoire (lois Sarkozy-Hortefeux-Besson, Pasqua, Méhaignerie, Chevènement…).

Assez de « concertations » ; ces projets de lois, de même que celui sur les retraites, ne sont ni négociables, ni amendables. Unité pour le RETRAIT de tous ces projets de lois réactionnaires.

C’est contre Sarkozy (son gouvernement, sa majorité croupion) qu’il faut combattre, dans l’objectif de lui infliger une défaite politique et d’en finir avec lui par la mobilisation, par la grève générale (et donc, sans attendre 2012).

RETRAIT du projet de loi Besson « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité »

L’Assemblée doit examiner dès le 25 septembre un nouveau projet de loi adopté en conseil des ministres le 31 mars réformant le code des étrangers (Ceseda).

Les étrangers dépourvus de documents, même demandeurs d’asile, se trouveront ipso facto en zone d’attente, c’est-à-dire enfermés et privés de l’essentiel de leurs droits. Les expulsions en seront d’autant facilitées.

En portant la durée de la rétention à 45 jours, en repoussant l’intervention du juge des libertés, en réduisant son pouvoir de contrôle, le gouvernement banalise l’enfermement des étrangers et organise l’impunité de l’administration.

Tout étranger en situation irrégulière pourra être frappé d’une « interdiction de retour » : cela institue un véritable bannissement des territoires français et européen.

De multiples obstacles réduisent le droit d’asile à peau de chagrin.

L’attribution de la nationalité française sera soumise à la signature d’une « charte des droits et des devoirs du citoyen français » et à un « contrôle de l’assimilation » par le biais d’un entretien avec un agent de l’État.

Et durant l’été, Besson et Hortefeux ont rédigé des amendements permettant de déchoir de la nationalité française ceux qui l’ont acquise.

Identité nationale, « xénophobie d’État » et racisme

La « xénophobie d’État » a été initiée sous la IIIe République : ce régime, que certains historiens qualifient aujourd’hui de « République coloniale », est aussi la République des Versaillais massacreurs de la Commune. C’est contre l’identité de classe que la bourgeoisie a forgé « l’identité nationale » dans les années 1880. « La politisation de l’identité nationale devient alors une arme essentielle pour combattre la lutte des classes », au moment où le « nous ouvriers » s’oppose au « eux patronat » (G. Noiriel). Quant à la Ve République défendue par l’hôte actuel de l’Élysée, faut-il rappeler que le caractère anti-démocratique de sa constitution l’avait fait qualifier de « régime du coup d’État permanent » ?

C’est en défense de la bourgeoisie française que Sarkozy mène aujourd’hui l’offensive contre la jeunesse et l’ensemble des masses populaires. On ne peut combattre contre la « xénophobie d’État », en défense des droits démocratiques sans exiger le RETRAIT inconditionnel du projet de loi Besson, le RETRAIT du projet de loi Hortefeux (de même qu’il faut exiger le retrait du projet de « réforme » des retraites et de tous les projets réactionnaires de ce gouvernement). Ce n’est donc pas un combat « citoyen » qu’il faut mener, mais un combat de classe.

RETRAIT du projet de loi Hortefeux Loppsi 2

Adoptée par l’Assemblée en février l’examen au Sénat de la « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (Loppsi 2) avait été reporté. Un communiqué de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en date du 11 février 2010 faisait l’analyse suivante :

« Loppsi : vers le contrôle social total

Même s’il se présente comme un fourre-tout hétéroclite, sa logique est claire : il s’agit de renforcer, d’intégrer et de concentrer tous les instruments disponibles de fichage, de traçage et de contrôle social dont les gouvernants actuels sont sans cesse plus demandeurs.

C’est la multiplication des systèmes de vidéosurveillance, y compris désormais des manifestations (…) l’interconnexion des fichiers de police (…) ; le filtrage policier des sites Internet et la chasse aux internautes ; la création d’une justice virtuelle par la systématisation de la visioconférence pour les auditions de détenus ou d’étrangers en rétention administrative.

C’est surtout la légalisation des « mouchards électroniques » introduits dans les ordinateurs personnels à l’insu des citoyens espionnés. Et le super-fichier « Périclès » pourra croiser tous les renseignements fournis par ces fichiers, par les puces téléphoniques, les factures de paiement en ligne, les numéros de pièces d’identité…

À quoi s’ajoutent un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans, un nouveau contrat de responsabilité parentale renforçant la pénalisation des familles en difficulté, et la création d’une véritable milice policière accompagnée de l’élargissement des pouvoirs des polices municipales ». http://www.ldh-france.org/Loppsi-ve...

La volonté de combattre la politique de Sarkozy qui s’exprimera le 4 septembre se manifestera également avec force par la grève et les manifestations le 6 (enseignants du second degré), et le 7 septembre.

 
 
Mis à jour le
21
août
2020