, Bulletin n°40
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Santé, Sécurité sociale

Le plan Ma santé 2022 de Macron-Buzyn : « un véritable bing-bang »

La stratégie Ma santé 2022 est annoncée en septembre 2018 par le Président Macron. Cette stratégie de transformation du système de santé s’appuie sur les principaux éléments de son programme. Ce plan de réforme des hôpitaux, de la médecine de ville, de l’ensemble du système de santé a été qualifié de véritable big bang par l’Institut Montaigne. [1] La loi Buzyn relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, publiée au Journal officiel le 24 juillet 2019, [2] se présente, en effet, comme une réforme globale du système de santé.

L’épidémie de Covid a révélé au grand jour l’état de délabrement de l’hôpital public. Or, depuis mars 2020, Macron poursuit la politique de destruction des hôpitaux publics et de l’ensemble du système de santé. Les fermetures de lits se poursuivent [3]. La dégradation des conditions de travail s’est considérablement aggravée : « l’an dernier des milliers d’infirmièr.es et d’aides-soignant.es ont quitté l’hôpital, plus de 25% des postes médicaux ont été déclaré vacants » [4].

Le plan Buzyn s’inscrit à la suite d’une série de « réformes » inspirées des principes du Nouveau Management Public et largement initiées en 1996 avec les « ordonnances Juppé ». Ces « réformes » ont été progressivement élaborées et développées. Avec la tarification à l’activité (T2A), promue par Castex lors de la réforme hospitalière du plan Hôpital 2007 de Sarkozy-Bachelot, les moyens alloués au système hospitalier sont fonction de ce qui est produit.

Le SNPI (syndicat national des professionnels infirmiers) « constate un doublement de la charge de tra­vail infir­mier en 10 ans, du fait de la réduction de la durée moyenne de séjour (DMS) et du déve­lop­pe­ment des alter­na­ti­ves à l’hospitalisation. Les patients qui restent à l’hôpital ont un maximum de soins en un minimum de temps » [5]

« Le processus industriel de tari­fi­ca­tion à l’activité (T2A) débouche sur une perte de sens : l’infirmière est formée à des soins per­son­na­li­sés qui prennent en compte le contexte de vie et d’éducation du patient, ce qui va à l’encontre des grilles de Groupe homogène de malade GHM et de Groupe homogène de séjour GHS. (Système de codification des actes auxquels correspond une tarification).

’Au final, le pro­fes­sion­nel infirmier passe sa journée à courir d’un patient à l’autre, pour enchainer des actes de soins, sans lui laisser le temps de réellement prendre en soins la personne, ce qui donne le sentiment d’avoir mal fait son travail’, d’où l’important turn-over, les absences pour raisons de santé, l’abandon par 30% des nouveaux professionnels de la profession infirmière dans les 5 ans qui suivent le diplôme !

La diminution du nombre de lits, des postes est la conséquence d’une réorganisation profonde de l’hôpital public et au-delà, d’une conception libérale de la médecine.

La stratégie de la loi Buzyn, Ma santé 2022, qui veut transformer l’offre de soins en France s’articule autour de cinq grands chantiers :

 Changer les modes de rémunération : cf. les modèles suédois, américains, anglais avec des financements au forfait, à l’épisode de soins, à la « capitation » [6].

 Faire du numérique un levier de transformation, 

 Un programme de formation des soignants ainsi que les études de médecine,

 Une structuration de la médecine de ville.

 
 
Mis à jour le
2
mai
2021