, Bulletin n°12
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Québec

Québec : quelques éléments historiques

Au Québec, l’enseignement est gratuit dans les établissements publics, exception faite de l’enseignement universitaire. C’est dans les années soixante qu’eut lieu ce que l’on appela la « révolution tranquille » qui mit fin à la période de la « Grande noirceur ». Un certain nombre d’acquis sociaux datent de cette époque. Fut alors adoptée une importante réforme de l’enseignement, qui prévoyait que, à terme, l’enseignement supérieur deviendrait lui aussi gratuit. Cela ne fut jamais le cas. Mais le Québec resta longtemps la province canadienne la moins coûteuse pour les études universitaires. Les droits d’inscription furent ainsi bloqués durant deux décennies à 500 dollars par an. Mais depuis le début des années 90, par hausses successives, ce coût a atteint le niveau actuel de 2168 dollars canadiens, auxquels s’ajoutent des frais annexes qui dépassent 600 dollars.

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La période de la « grande noirceur » (1944-59)

La politique du gouvernement de Duplessis fut une politique ultra-réactionnaire et violemment antisyndicale. Duplessis fit notamment voter la Loi protégeant la province contre la propagande communiste, surnommée « la loi du cadenas ». Il avait l’appui de l’Église catholique. Celle-ci contrôlait le département de l’instruction publique du Québec, ainsi que la santé. Quant à l’université, elle était réservée à une minorité fortunée, essentiellement anglophone. Cette période fut appelée « la Grande noirceur ».

Années soixante : la « révolution tranquille »

À la fin de cette période, le développement d’un mouvement social et politique fort remit en question le pouvoir de l’Église et des forces les plus ouvertement réactionnaires. L’enseignement en particulier fut réformé, avec la création d’un ministère de l’éducation. L’accès à l’université fut facilité, mais demeura payant. En 1968, les droits de scolarité des universités publiques sont fixés à 540 $ CAN par an.

Ces frais de scolarité sont gelés jusqu’en 1990. Puis ils triplent pour atteindre 1668 $ CAN par an en 1994. La conséquence est que le pourcentage d’étudiants contraints de s’endetter pour leurs études passa de 49% à 57% durant le même temps.


Un mouvement venu de loin

Avril 2003 : Jean Charest devient Premier ministre du Québec. En 2007, il procède à de nouvelles hausses de frais de scolarité : en 5 ans, ces frais passent de 1668 à 2168 dollars canadiens par année d’étude. Mais il n’entend pas en rester là.

Le 6 décembre 2010, le gouvernement organise une rencontre sur « L’avenir des universités », et « les principes devant guider la hausse des frais de scolarité ». Une association étudiante, l’ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale étudiante), de manière parfaitement juste, appelle au boycott de cette rencontre. Deux autres organisations étudiantes, la FECQ et la FEUQ, ainsi que les syndicats québécois CSN, FTQ, FNEEQ, participent quant à elles à cette rencontre, avant de claquer la porte. Mais l’objectif du gouvernement est atteint. il pourra désormais se prévaloir d’un « débat » qui a rassemblé plus de 125 personnes, dont des représentants des milieux universitaires, des représentants syndicaux enseignants, étudiants et patronaux, ainsi que des membres de partis politiques siégeant à l’Assemblée provinciale. Le gouvernement peut donc avancer dans son projet.

Contre ce projet de hausse des frais de scolarité, une première manifestation est organisée le 12 mars 2011. Le 18 mars, le gouvernement de Jean Charest n’en confirme pas moins son projet. Les protestations se multiplient. Le 31 mars 2011, une manifestation étudiante rassemble plusieurs milliers d’étudiants. Le 10 novembre 2011, ce sont plus de 30 000 manifestants qui défilent à Montréal. C’est la deuxième plus importante manifestation de l’histoire étudiante québécoise.

À la fin de l’automne 2011, l’ASSÉ appelle à la constitution d’une coalition de grève, en vue d’organiser la grève générale illimitée durant l’hiver 2012. Diverses associations étudiantes répondent à cet appel : la coalition CLASSE est ainsi créée le 3 décembre 2011.

La grève générale est engagée

En février 2012, le gouvernement de Jean Charest annonce sa décision : une hausse de 75% en cinq ans des droits de scolarité universitaire. Mesure d’autant plus intolérable que, déjà, 80% des étudiants doivent « bosser » pour financer leurs études. Les premières grèves éclatent le 13 et le 14 février. Rapidement, la grève s’étend. Fin février, plus de 65 000 étudiants sont en grève. Deux autres associations se rallient à la grève, la FEUQ le 27 février et la FECQ le 2 mars 2012.

Il y a alors des centaines de milliers d’étudiants des Cégeps et des universités, parfois appuyés par des grèves dans des écoles secondaires (Les Cégeps sont des collèges d’enseignement général et professionnel. Crées en 1967, ils donnent une formation pré-universitaire et une formation technique). La grève est votée par les assemblées d’étudiants, et des piquets de grève sont alors mis en place. Les manifestations vont se succéder de manière quasi quotidienne, certaines de très grande ampleur (22 mars, 22 avril et 22 mai) ; redoublées de dizaines de manifestations nocturnes.

Le gouvernement a d’abord tenté de nier ce mouvement de grève, affirmant qu’il ne s’agissait que d’un boycott des cours relevant de décisions individuelles. À ce prétendu « boycott », il opposait le « droit individuel aux études » des non grévistes. Il tenta aussi d’ignorer les organisations étudiantes, puis essaya d’isoler la plus radicale d’entre elles, la Classe, accusée de ne pas vouloir condamner les violences. Mais les trois autres organisations ont refusé cette mise à l’écart.

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Les organisations étudiantes au Québec

 la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) regroupe 165 associations collégiales et universitaires, avec 109 000 membres.

L’ASSÉ seule en a 55 000. Site : http://www.bloquonslahausse.com/

 la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) regroupe 15 associations universitaires et 125 000 membres.

 la Fédération étudiante collégiale (FECQ) est considérée comme la plus modérée. Elle comporte 23 associations collégiales, avec 80 000 membres.

 la Table de concertation étudiante du Québec (TACEQ) aurait 70 000 membres dans trois universités.

En même temps, le gouvernement envoyait la police contre les manifestants. À cela s’ajoutèrent les décisions de l’appareil judicaire, lequel donnait raison aux étudiants pro-gouvernementaux qui faisaient valoir leur « droit » à étudier. Des enseignants étaient ainsi contraints de faire cours pour deux ou trois étudiants. Les piquets de grève mirent fin à ces réquisitions.

Mais pas question de négocier. Le gouvernement explique ainsi que la discussion a déjà eu lieu en décembre 2010. Puis il affirme qu’il ne discutera pas avec des associations étudiantes qui revendiquent la gratuité scolaire ; avant d’exiger, en préalable, que ces associations « condamnent » la violence. Même les plus modérées des associations ne peuvent accepter ces exigences.

Le 22 mars, on estime à plus de 300 000 le nombre d’étudiants grévistes (sur 400 000). Ce même jour se déroulent des manifestations gigantesques. À Montréal, on estime que la manifestation regroupe de 200 000 à 300 000 participants, étudiants, enseignants et salariés confondus.

Puis la grève s’enracine. Durant le mois suivant, le nombre de grévistes avoisine les 200 000.

Le 29 mars, le gouvernement Charest annonce finalement son intention de discuter… à condition que l’on ne remette pas en cause la hausse des droits de scolarité.

La mobilisation devient plus largement politique

Le 14 avril, 40 000 personnes manifestent à Montréal. Participent à cette manifestation des enseignants et des parents, mais aussi des retraités et de militants contre « la tarification » des services publics (tout service doit être financé par l’usager). La mobilisation prend ainsi un caractère ouvertement politique, contre la politique générale du gouvernement et contre le gouvernement lui-même. La CLASSE avait d’ailleurs invité à la mobilisation contre « les gouvernements de Québec et d’Ottawa », et l’un de ses porte parole s’exclamait :

« Coupures dans les programmes sociaux, baisses d’impôts aux entreprises, dépenses militaires records, recul des droits des femmes, mises à pied massives, inaction devant les fermetures d’usines, hausse du seuil de la retraite à 67 ans, hausse des frais de scolarité, imposition de la taxe santé, augmentation des tarifs d’Hydro-Québec... La liste des injustices libérales et conservatrices est longue ! »

Le mercredi 18 avril, a lieu une manifestation en Outaouais, avec l’appui de professeurs et de différents syndicats. Les manifestants sont encerclés par la force anti-émeute et restent bloqués plusieurs heures en plein air : une sorte de gigantesque garde à vue qui rappelle les méthodes de la police française, à Lyon, place Bellecour, à l’automne 2010. Plus de 160 manifestants sont arrêtés, et condamnés à une amende pour « Entrave à la voie publique ».

Le lendemain, appelé "Jeudi rouge", 151 autres manifestants sont arrêtés. Mais la répression est impuissante à briser la mobilisation. Le 22 avril ont lieu de gigantesques manifestations.

Le gouvernement manœuvre

Le gouvernement tente alors de diviser le mouvement étudiant. Il engage des discussions avec les associations d’étudiants, mais la CLASSE est exclue de ces discussions. Les autres associations suspendent alors les discussions. En réaction à ces manœuvres, des manifestations nocturnes sont organisées le 24, puis le 25 et le 26 avril.

Le vendredi 27 avril, Jean Charest propose d’étaler les hausses sur sept années, mais accrues par une indexation. Il annonce aussi un élargissement de l’accès aux prêts et bourses. Cette offre, perçue comme une insulte, provoque une quatrième manifestation nocturne. Dès lors, ces manifestations nocturnes vont se multiplier.

« Négociations piégées »

Le gouvernement décide donc d’ouvrir des discussions avec les quatre associations. Mais il en fixe le cadre, avec l’objectif de trouver une « entente de principe ». Et sont invités à ces « négociations » les chefs des syndicats et les recteurs, ces derniers étant favorables à la politique gouvernementale.

Ces discussions s’ouvrent le 4 mai et se poursuivent pendant plus de 20 heures consécutives jusqu’au au 5 mai, alors qu’avaient lieu des affrontements entre les manifestants et la police à Victoriaville, ville où le Parti libéral tenait son Conseil général.

Finalement, une entente de principe est trouvée, entérinant la hausse des « droits de scolarité », mais prévoyant que cette hausse serait compensée par des baisses des « droits afférents ». Cela se traduirait par des coupes dans les dépenses universitaires, coupes qui seraient proposées par un Conseil provisoire des universités (CPU) créé pour l’occasion.

À juste titre, le gouvernement peut pavoiser. Par naïveté pour certains, et sous la pression de ceux qui recherchaient un « compromis », les représentants étudiants se sont faits ridiculiser.

Mais la réaction de la base est immédiate. On dénonce « l’arnaque » et les assemblées générales rejettent cette « entente ». Le désaveu est complet. La manœuvre gouvernementale est en échec.

Face à ce rejet, le gouvernement décide de durcir sa politique. Le lundi 14 mai 2012, la ministre de l’Éducation annonce sa démission. La nouvelle ministre, Michelle Courchesne, convoque aussitôt les meneurs étudiants des quatre associations… pour « constater » immédiatement que les discussions sont dans l’impasse. La manœuvre est évidente. Car au même moment, le gouvernement décide de franchir un seuil dans son offensive contre les étudiants.

Vote de la loi 78

Le vote de cette loi le 18 mai, a un premier objectif : elle suspend jusqu’à la mi-août les sessions affectées par la grève étudiante, qu’elle nomme « boycott ». Ces sessions doivent reprendre à la mi-août et se terminer avant le mois d’octobre. Cela correspond aux vœux des recteurs.

Cette loi 78 interdit toute manifestation jusqu’à 50 mètres autour des établissements d’enseignement. Toute manifestation de plus de 50 personnes implique une autorisation préalable. Une association peut être jugée responsable d’une infraction à la loi, sauf à prouver sa non implication. Et de lourdes amendes sont prévues en cas d’infraction, pouvant s’élever à 5000 dollars pour un individu, à 35000 dollars pour un dirigeant d’association, et jusqu’à 125 000 dollars pour une association. Le double en cas de récidive.

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Par ailleurs, les organisations étudiantes sont frappées à la caisse, ce qui est d’autant plus facile que depuis les années 60, les cotisations sont prélevées « à la source » et reversées par les autorités aux associations étudiantes. Si l’une d’elles entrave un enseignement, elle sera privée de ces ressources (à hauteur d’un trimestre par journée d’entrave constatée), ainsi que de locaux.

Cette loi permet également de contraindre les enseignants à faire cours. Elle interdit qu’un syndicat, ses adhérents et ses dirigeants, participent à une action visant à se soustraire à cette obligation.

Cela s’applique jusqu’en juillet 2013. Il s’agit donc d’une mesure générale visant à imposer la « paix sociale » jusqu’aux prochaines élections. La ville de Montréal a, de son côté, adopté un règlement analogue. Certes, la constitutionnalité de la loi fait débat… mais avant que cette question soit tranchée, cette loi valable jusqu’en 2013 sera d’elle-même périmée !

« La loi spéciale, j’m’en câlisse ! »

Dans les heures qui suivent l’adoption de la loi, 15 000 personnes manifestent à Montréal. Des manifestations ont lieu dans d’autres villes. Parmi les slogans, on entend : « Loi spéciale, j’m’en câlisse  » et « Grève générale illimitée ! ». Les syndicats, et nombre d’associations se dressent contre cette attaque contre les droits d’association, d’expression et de manifestation. Des pétitions recueillent de centaines de milliers de signatures.

Les manifestations se poursuivent chaque jour. Le 20 mai, il y a plus de 300 arrestations à Montréal. Le mouvement, largement spontané, conduit la CLASSE à durcir le ton.

Le 22 mai, la CLASSE appelle à la désobéissance. « Avec cette loi, le gouvernement s’attaque à beaucoup plus qu’aux associations étudiantes. Il s’attaque à la possibilité même que devrait avoir chaque citoyen et citoyenne de contester librement les décisions prises en son nom par le pouvoir politique » déclare Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

« La CLASSE continuera à manifester en vertu des libertés fondamentales qui lui sont conférées par les différentes chartes et traités nationaux et internationaux. Si cela nous vaut des poursuites pénales en vertu de la loi 78, nous y ferons face. Si obéir à cette loi injuste équivaut à renoncer à nos droits, nous ne le ferons pas » poursuit Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de l’association. La CLASSE lance également un appel à la poursuite de la grève.

Ce même 22 mai, centième jour de la grève, 200 000 à 250 000 manifestants défilent à Montréal, en choisissant un parcours non autorisé, contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi 78. À ce défilé succède ensuite une manifestation nocturne. La police se déchaîne alors à coups de matraques, de bombes assourdissantes, et procède à des arrestations en masse.

Le 26 mai, de nouveau, des manifestations massives ont lieu dans les principales villes du Québec, accompagnées de concerts de casseroles. Ces manifestations sont déclarées illégales, en utilisant divers règlements municipaux.

Une mobilisation contre le gouvernement et toute sa politique

L’une des raisons qui fait la force de cette mobilisation, c’est qu’elle est soutenue par une large partie de la population, par les familles des étudiants, par la masse des salariés du public comme du privé, par les syndicats et par les organisations de défense des droits et libertés, par nombre d’artistes et de personnalités. Des organisations politiques « radicales » appuient cette mobilisation. Et nombre d’enseignants participent aux manifestations et aident aux piquets de grève, ainsi que des salariés du secteur public.

Cette mobilisation dépasse la seule revendication étudiante. Elle exprime le rejet d’une politique de liquidation des acquis sociaux conduite par un régime dont nombre de membres sont impliqués dans des affaires de corruption. La nécessité d’en finir avec ce gouvernement est clairement exprimée par les manifestants, qui scandent notamment : « Charest dehors ! On t’a trouvé un job dans le nord ! » (Allusion aux projets miniers du gouvernement dans le nord du pays).

Reprise des négociations

Le lundi 28 mai, des négociations reprennent entre la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, et les représentants des organisations étudiantes Cette fois ci, les représentants étudiants se méfient.

« Le rôle de notre comité de négociation n’est pas de signer une entente mais bien d’entrer en dialogue avec le gouvernement afin de récolter l’offre la plus avantageuse possible  » déclare le représentant de la Classe, Gabriel Nadeau-Dubois. « Ce sera aux étudiants dans leurs assemblées générales de décider si c’est suffisant ou non pour rentrer en classe ».

Le gouvernement, n’a cependant pas modifié son projet, si ce n’est de manière cosmétique. Mais il compte sur les étudiants les plus conciliants. Ainsi, Léo Bureau-Blouin, (représentant de la FECQ) espère « s’entendre rapidement avec le gouvernement ». Mais qu’y a-t-il donc à négocier ? Ou bien le gouvernement maintient la hausse prévue ainsi que la loi 78, ou bien il abandonne l’une et l’autre.

Échec des négociations

Ces négociations vont durer quatre jours. Pour le gouvernement, l’objectif est d’affaiblir la mobilisation, Mais il ne cède rien car c’est son avenir politique qui est en jeu. Le jeudi 31 mai, c’est l’échec. Les dirigeants étudiants soumettent « l’offre » gouvernementale aux étudiants : le rejet est total.

Le soir du 31 mai, 10 000 manifestants, équipés de casseroles, parcourent les rues de Montréal. Et la CLASSE appelle à une grande manifestation pour le samedi.

Mais ensuite, la mobilisation semble piétiner : difficulté de mobiliser quand les campus sont fermés ? Découragement provoqué par ces négociations où il n’y avait rien à négocier ? Difficulté à dégager une perspective politique ? Absence de véritable soutien des dirigeants des syndicats ouvriers (autre que verbal) qui n’organisent pas de grèves de la classe ouvrière en appui aux étudiants, ni même conjointement sur leurs propres revendications ?

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Le 4 juin s’achève le Congrès de la CLASSE qui adopte un plan d’action pour les mois suivants en considérant que son « grand défi sera de rester mobilisés tout l’été afin de redémarrer le mouvement de grève dès la rentrée ».

Un pas de géant

À cette étape, il est difficile de prévoir dans quel sens évoluera la mobilisation. Le gouvernement joue l’usure, et cherche à conforter son électorat en faisant preuve d’intransigeance. En même temps, la crise politique est profonde. Et une nouvelle génération de combattants est en train de se forger, qui aura des taches immenses à résoudre, en particulier celle de reconstruire de véritables organisations, un parti révolutionnaire. Le chemin à parcourir est immense. Mais, en quatre mois, c’est un premier pas de géant que vient de parcourir la jeunesse québécoise, appuyée sur l’ensemble du prolétariat québécois, et en résonance avec les mobilisations qui se développent ailleurs dans le monde, en particulier aux États-Unis. Car la détermination dont font preuve les étudiants, expression d’une nouvelle phase de la lutte des classes, ne peut être coupée notamment des mobilisations des salariés du Wisconsin et du mouvement Occupy Wall Street. Cette volonté de changer les choses qui a commencé de se manifester ne pourra que se poursuivre et se renforcer avec la poursuite de la crise du capitalisme.

(dessins : logos de la CLASSE)

 
 
Mis à jour le
21
août
2020