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20 mai 2019, Communiqué
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Social-Élections

Élections européennes :
ni capitalisme national ni capitalisme européen!


Lors des élections au sein de l'Union européenne, qui auront lieu en France le 26 mai, un grand nombre de travailleurs et de jeunes vont s'abstenir. D'autres vont tenter d'exprimer un vote de classe, un vote pour exprimer leur opposition à la politique dictée par le Capital : non sans difficultés, puisque, parmi les 34 listes présentées au suffrage des électeurs, quasi toutes (à l'exception de Lutte ouvrière) proposent de choisir entre « plus » ou « moins » d'Europe (voire plus d'Europe du tout) sans remettre en cause la recherche du profit, et les fondements du système capitaliste.

C'est ainsi que parmi les diverses listes de « gauche » (terme approximatif utilisé pour qualifier notamment des organisations d'origine ouvrière) la division règne entre partisans de l'Union européenne (partisans d'une U.E. plus sociale, démocratique, etc.) et partisans d'une rupture avec les traités qui fondent l'U.E. Cette division formelle contribue au désarroi et à l'abstention, et à l'éparpillement du vote des salariés.

Comment pourrait il en être autrement puisqu'aucune de ces listes (exception faite de L.O.) ne rappelle l'essentiel : la seule issue pour les travailleurs passe par le combat contre le capitalisme - qu'il soit national ou européen, plus ou moins mondialisé - et les États qui le protègent. Il n'y a aucune issue pour les travailleurs en s'alignant derrière la fraction nationaliste et chauvine de la bourgeoisie française ni davantage d'issue en s'alliant à la fraction la plus « libérale », mondialisée et européiste du Capital. Un tel choix ne fait que diviser les travailleurs. Ceux- ci ne peuvent s'unir qu'en combattant toutes les fractions de la bourgeoisie. Les frontières des États sont un piège pour les travailleurs, la seule frontière qui mérite d'être défendue, c'est la frontière de classe entre prolétariat et bourgeoisie.

C'est ainsi qu'une grande partie du débat est confisqué par deux listes : Macron prétend être l'alternative, pro-européenne progressiste, à la politique protectionniste et xénophobe du Rassemblement national. Mais la seule question des migrants permet de voir qu'il n'y a pas un gouffre entre Macron et Le Pen : c'est le gouvernement Macron qui expulse les sans papiers, qui a fait voter la loi Collomb durcissant la politique contre les migrants. Et c'est Macron qui déclare que « face aux migrations » (sic) il faut renforcer les frontières européennes. Et le R.N., comme Macron, défend le capitalisme et les mesures anti sociales.

Cette Europe là n'est pas la nôtre. Cette U.E. des États nationaux unis pour préserver le capitalisme n'est pas la nôtre. Cette Europe là n'est pas « réformable ». Mais cette Europe là ne peut être combattue en revenant au strict capitalisme national, à un illusoire et réactionnaire « frexit ». Le haut degré d'imbrication des économies capitalistes y fait obstacle.

Elle ne peut être combattue qu'en combattant sa propre bourgeoisie, et l'État bourgeois : c'est dans ce combat contre le capitalisme que peuvent et doivent s'unir les prolétariats d'Europe, dans la seule perspective qui ait un avenir progressiste : les États Unis socialistes d'Europe.



Mis à jour le 10 juin 2019


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