L'insurgé
La jeunesse est la flamme de la révolution (Karl Liebknecht)
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septembre 2017, Bulletin n°31
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Social

Édito : Gouvernement Macron : un pouvoir fragile mais qui, depuis quatre mois, peut agir sans entraves


Depuis son installation en mai 2017, rien ne semble pouvoir arrêter l'offensive que mène le gouvernement contre les acquis des salariés : après avoir fait adopter, par le recours aux ordonnances, un texte majeur contre le code du travail, il engage simultanément l'offensive sur plusieurs terrains : loi liberticide visant à rendre ordinaires les mesures de l'état d'urgence, attaque contre les aides aux logements (APL) et contre les ressources financières des offices de HLM, attaque contre les fondements de la Sécurité sociale par l'extension de la CSG au détriment des cotisations sociales, projet de dénaturation du baccalauréat et introduction d'une sélection pour entrer à l'université, projet de dislocation du système de retraites… La série semble sans fin.

Pourtant, si l'on y regarde de plus près, ce gouvernement semble en lui-même bien fragile.


Un pouvoir intrinsèquement fragile

Certes, la candidature de Macron pour la présidence de la République avait bénéficié de la sympathie du « grand capital », des cercles dominants de la bourgeoisie française qui revendiquent un renforcement de l'Union européenne et une plus grande ouverture au marché mondial. Mais le Medef lui-même, qui est davantage représentatif du patronat « franco-français » que des directions du CAC 40, avait d'abord appuyé Fillon, lequel était peu désireux d'approfondir l'Union européenne et plus soucieux de protéger les entreprises françaises malmenées par la concurrence internationale. Et si, une fois Fillon éliminé, l'ensemble du patronat français s'est rallié à Macron, il n'en reste pas moins que le projet de Macron, qui vise à davantage d'ouverture économique, fait grincer des dents. Ce sont d'ailleurs ces divisions qui ont conduit à l'opération Macron (à sa candidature puis à son élection) et à son caractère bonapartiste : il s'agit d'imposer un virage décisif - voulu par la grande bourgeoisie financière - à d'autres secteurs fragiles ou arriérés du capitalisme français.

Ce « virage » part d'une conscience aiguë : l'ouverture du marché mondial est irréversible, le capitalisme français ne peut y échapper, et l'État n'a plus guère les moyens d'assurer la protection de ses entreprises, dont beaucoup sont ou vont être laminées par la concurrence. Il n'a même plus les moyens d'assurer la défense de tous ses « champions » nationaux, et nombre d'entre eux ne pourront survivre qu'en fusionnant avec des rivaux, européens notamment. La prise de contrôle d'Alstom par Siemens est une application de cette orientation, qui est à l'opposée de celle que revendique Montebourg, et bien loin de la ligne de Fillon et autres souverainistes plus ou moins affirmés.


Une piètre victoire électorale

Une autre faiblesse, majeure, de ce pouvoir tient à la faiblesse de sa base électorale : 24% des exprimés et 18,2% des inscrits au premier tour de l'élection présidentielle. Macron n'a pu, au second tour, l'emporter avec 66% des votants que parce qu'il s'est retrouvé en compétition avec Marine le Pen, et que nombre d'électeurs ont pensé bien faire en votant Macron « contre » Le Pen, quitte à le regretter ensuite. Mais même dans ces conditions, Macron fut élu avec seulement 43,6% des électeurs inscrits, un nombre important ayant choisi de ne pas voter ou bien de voter blanc ou nul.

Quant aux législatives, ce fut encore pire : si le système électoral permit au mouvement de Macron, En Marche ! (EM) de l'emporter avec 350 députés (dont 42 du MoDem) sur 577, il n'en reste pas moins que cette majorité de députés-godillots ne peut s'appuyer au second tour que sur 8,9 millions des électeurs (dont 1,1 million pour les amis de Bayrou) pour 47,3 millions d'inscrits ! Car l'abstention, les blancs et nuls furent massifs : plus de 57,3 % des électeurs inscrits s'abstinrent au second tour des élections législatives, auxquels s'ajoutent plus de 6,9% de blancs et 2,9% de nuls (soit 2 millions de blancs et nuls).



À ces faiblesses initiales s'ajoute une autre faiblesse qui en découle : Macron ne dispose pas d'un appareil politique rôdé et structuré. En Marche ! n'est devenu un « parti » (appelé La République en Marche, pour LREM) qu'en juillet. En réalité, c'est davantage un « mouvement » au service d'un homme, auquel on « adhère » gratuitement. Au Conseil national de LREM, les représentants des adhérents sont désignés par tirage au sort (la procédure de leur désignation n'a été engagée que le 6 octobre), et ces « représentants » de la base ne forment que 25% du conseil… Quant aux parlementaires LREM, ils apparaissent comme politiquement inconsistants, à peine en mesure de bêler leur soutien à leur chef. Certes, cela est classique dans la Ve République, mais à comparer avec les appareils sur lesquels s'appuyaient de Gaulle ou Chirac - l'UNR puis l'UMP -, la faiblesse est manifeste. Y compris en ce qui concerne le contrôle de l'appareil d'État, de l'armée et des CRS notamment.


Au sein de la bourgeoisie, les contradictions demeurent

Cette faiblesse relative, qui traduit les divisions de la bourgeoisie française, s'est exprimée le 24 septembre à l'occasion du renouvellement partiel du Sénat. Certes, les amis de Macron ont eu beau jeu de discourir sur le fait que les grands électeurs votant à ces élections sénatoriales avaient eux-mêmes été élus en un temps ou le mouvement de Macron n'existait pas. Mais le gouvernement escomptait néanmoins un nombre de ralliements significatifs d'élus issus du PS et des radicaux ainsi que des Républicains ou des amis de Bayrou, comme cela avait été le cas au moment des législatives du printemps. Le résultat fut un fiasco, malgré les manœuvres clientélistes des réseaux locaux. De ce fait, la « droite » classique en fut confortée, et Gérard Larcher fut reconduit à la tête du Sénat. Quatre mois après l'envol printanier de l'aiglon Macron, la mue automnale était ratée. Manifestement, la bourgeoisie provinciale, et les notables locaux, ne partageaient pas l'enthousiasme modernisateur de l'élite financière. Il faut dire que la violente charge du gouvernement, durant l'été, contre le financement des collectivités locales - si soucieuses du patronat local - avait refroidi bien des enthousiasmes.

C'est ainsi que, le 28 septembre, les régions réunies en congrès annonçaient que le dialogue était « interrompu sine die » avec le gouvernement, et qu'elles se retiraient des instances de concertation, dont la conférence nationale des territoires convoquée par le gouvernement : ces gens là, à la différence des bureaucrates syndicaux, n'hésitent pas à boycotter une concertation…


Faiblesse relative vis-à-vis de l'Allemagne

Reste une autre faiblesse, majeure : la dépendance du gouvernement Macron à la situation allemande, exprimant la faiblesse du capitalisme français face à son rival. Macron attendait les élections allemandes du 24 septembre pour pouvoir avancer ses propositions visant à renforcer l'Union européenne. Bien sûr, tous les sondages indiquaient qu'une fois encore, Angela Merkel sortirait victorieuse face au candidat social-démocrate du SPD, ce dernier étant discrédité par sa participation au gouvernement sortant dirigé par la CDU-CSU. Mais Macron avait impérativement besoin que le futur gouvernement de Merkel puisse répondre favorablement à ses propositions européennes, ce qui signifiait une CDU forte, ou à même de s'allier, si nécessaire, avec un parti pro-européen.

Le résultat fut, pour Macron, un désastre : le SPD, écrasé, annonça qu'il ne reconduirait pas son alliance avec la CDU de Merkel. Celle-ci, déconfite, ne profitait guère de la défaite du SPD, la CDU-CSU étant elle même affaiblie au profit de l'AfD (extrême droite). La CDU se trouvait donc contrainte de chercher des alliés, en particulier du côté des libéraux du FDP (Parti libéral-démocrate). Mais cet allié potentiel s'est lui-même éloigné, durant la campagne électorale, de ses anciennes positions pro-européennes.

Macron ne renonça pas pour autant, escomptant des compromis à Berlin pour former un gouvernement qui réponde favorablement à ses propositions. Aussitôt après cette élection, le mardi 26 septembre, il concrétisait sa politique en faveur d'une politique industrielle pro-européenne en acceptant d'avaliser deux opérations de fusion-acquisition : le mardi 26 septembre était annoncé le rachat d'Alstom, constructeur du TGV, par Siemens. Puis, le 27 septembre, était entériné un accord permettant la prise de contrôle majoritaire des chantiers navals de Saint-Nazaire (STX) par l'italien Fincantieri bien que Macron ait d'abord prétendu imposer une fusion « entre égaux », à 50-50.

Dans un même temps, le 26 septembre, Macron faisait un long discours à la Sorbonne pour présenter ses propositions concernant l'Union européenne, plaidant de nouveau en faveur d'une gouvernance européenne dotée d'un réel pouvoir. Mais cela supposerait, pour commencer, l'accord des libéraux allemands, lesquels sont hostiles à une gouvernance économique européenne.

Dans ces conditions, compte-tenu de toutes ces faiblesses, comment le gouvernement Macron peut-il engager une telle offensive contre les salariés, et où puise-t-il l'énergie nécessaire ?


Une « opposition « politique déliquescente

La situation des forces politiques extérieures au gouvernement apporte déjà une partie de la réponse.

Du côté des forces les plus réactionnaires, Macron n'a pour l'instant guère d'inquiétudes, d'autant que ces forces lui apportent un plein soutien chaque fois qu'il s'agit de cogner contre les salariés. Ainsi en est-il de ce qui était le parti de Sarkozy puis de Fillon : les Républicains - dont le très réactionnaire Wauquiez entend être le dirigeant - ont éclaté entre « constructifs » soutenant Macron et oppositionnels divers, le tout se combinant en chapelles concurrentes.

Quant au Front national, il ne profite guère de son relatif succès électoral, miné qu'il est par la question de l'euro et de l'UE : une partie, souverainiste, veut rester intransigeante vis-à-vis de l'euro et de l'Union européenne, une autre est prête à entériner cette monnaie unique qu'entend préserver le grand capital, et à accentuer encore - pour faire passer cette « reculade » - sa politique xénophobe. La crise qui s'est exprimée fin septembre avec le départ du souverainiste Philippot du FN, suivi par certains de ses amis, en témoigne.

Du côté des partis issus du mouvement ouvrier, ou de que l'on appelle « la gauche », c'est encore pire : le Parti socialiste est en plein naufrage, victime de la politique qu'il a menée quand il était au pouvoir sous la direction de Hollande. Et c'est cette politique qui constitue la première explication à l'élection de Macron. Le PS peut-il aujourd'hui, en partie au moins, se remettre de sa débâcle électorale du printemps 2017 ? Une première condition (non suffisante) serait qu'il s'affirme en opposition au gouvernement Macron, et formule quelques propositions alternatives. Ce n'est pas le cas, une partie de ses élus et de ses dirigeants soutenant désormais sans états d'âme - au cas par cas ou en totalité - Macron et sa politique. Un tel soutient, s'il se poursuit, ne peut que conduire à la mort du PS. Or, au sein du PS, nul courant ni aucune figure n'apparaît aujourd'hui qui soit à même de rompre avec ce soutien et de redresser la situation du parti d'Épinay.
  


Le PCF, de son côté, n'a pas surmonté son effondrement historique qui l'a conduit, après la désastreuse campagne électorale de Marie-Georges Buffet en 2007 à renoncer à présenter un candidat à l'élection présidentielle de 2012. S'il s'est résolu, après s'être déchiré, à soutenir en 2017, une fois encore, la candidature de Mélenchon, les liens noués avec ce dernier sont pour l'essentiel rompus. Et le PCF, critiquant la prétention de Mélenchon à représenter « toute la gauche », espère désormais reconstituer une sorte d'union de la gauche dont il serait le pivot.

Quant à la France insoumise de Mélenchon, qui ne se définit pas comme organisation de classe mais entend fédérer « les gens », sans distinction de classe, sa récente percée électorale ne saurait cacher ses faiblesses constitutives, programmatiques et organisationnelles. Nul ne sait qui dirige vraiment le « mouvement » des insoumis : le noyau de direction du Parti de gauche ? Ou bien les députés de la France insoumise, peu unis entre eux et qui échappent à tout contrôle des militants ? Ce mouvement n'est pas, à l'étape actuelle, un parti ou une organisation, mais fut le rassemblement de « groupes de soutien » à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, puis aux candidatures à la députation. Ces « groupes », auxquels on adhère sans cotiser, comme chez les macronistes, sont aujourd'hui comme « suspendus en l'air ». Et le discours de Mélenchon lui-même est constitué d'un amalgame d'éléments divers : pour une part, d'emprunts aux discours des bureaucraties syndicales (il se plaint, comme elles, de l'insuffisance du dialogue social au lieu de le combattre ) ; pour une autre d'emprunts au corpus social-démocrate (Ainsi, la France insoumise prône la barêmisation de la CSG, ce qui revient à la conforter, au lieu d'en revendiquer la suppression) ; et, sur les questions internationales, d'une pensée totalement nationaliste et chauvine qui le conduit, par exemple, à se féliciter que Fillon et Macron l'aient rejoint quant à la question syrienne ou aux rapports avec Poutine.

De ce fait, on voit mal comment ce mouvement, qui a pu prospérer dans un champ politique ravagé, pourra surmonter ses contradictions.

Face à un tel paysage politique, aucune alternative - même sur le terrain électoral - ne semble donc aujourd'hui formulable pour les salariés.


La complicité des bureaucraties syndicales

Dès son installation, le gouvernement Macron, qui avait fait connaître sa volonté de modifier le code du travail par ordonnances durant l'été, a proposé aux directions syndicales de dialoguer sur ces projets qui étaient annoncés comme allant beaucoup plus loin que le loi travail de Hollande, Valls et El Khomri.

Cette concertation, toutes les directions syndicales l'ont accepté. FO et la CFDT se sont montrées particulièrement bienveillantes avec ce projet, mais la direction de la CGT, tout en le critiquant, a participé elle aussi aux nombreuses réunions au ministère. On peut dire que ces ordonnances ont été co-rédigées par Mailly (FO) et Berger (CFDT), avec le MEDEF, tandis que Martinez tenait la chandelle.

De ce fait, à la fin août, le gouvernement pouvait annoncer que son projet serait ratifié le 21 septembre.

Dès le 27 juin, la CGT avait appelé à une journée d'action pour le 12 septembre. Cette forme d'action, comme le fait que la CGT ne formulait pas l'exigence du retrait du texte, complétait le fait que la CGT, comme les autres, avait apporté sa caution à Macron par sa présence les réunions préparatoires (1). D'ailleurs, l'accord entre toutes les directions syndicales confédérales - quant au fond de ce projet - s'était exprimé par un texte commun signé par ces directions. Ce texte définissait les lignes rouges que Macron ne devait pas franchir, ce qui revenait à accepter par avance tout le reste. Et l'on n'entendit personne dire ensuite que ces lignes rouges avaient été franchies…

Les manifestations du 12 à l'appel de la CGT (ainsi que de la FSU, Solidaires et l'UNEF), furent importantes, mais ne furent pas massives : elles étaient expression contradictoire de la volonté de combattre des salariés, mais d'une volonté entravée par la politique des directions syndicales, ainsi que de la division syndicale (la direction confédérale de FO refusant de se joindre à l'action).

Puis une nouvelle journée d'action, moins massivement suivie, fut convoquée pour le 21 septembre par la CGT. Le surlendemain, c'était Jean-Luc Mélenchon avec sa France insoumise qui organisait sa propre manifestation de Bastille à République, agrémentée de quelques drapeaux bleu-blanc-rouge. Ce jour là, on « oublia » d'exiger, le retrait, l'abrogation des ordonnances, bien que la veille même, Macron ait solennellement paraphé ces ordonnances…

Sur cette base, la série de journée d'actions se poursuivait avec un appel unitaire des syndicats de la Fonction publique à la grève le 10 octobre. Et Macron proposait de rencontrer les confédérations le 12 octobre pour des concertations sur de nouveaux sujets : le chômage et la formation continue.

Ainsi se combinaient journées émiettées et dialogue social.

Pour autant, ce dispositif protégeant les liens avec le gouvernement allait connaître quelques difficultés.

Des résistances qui sourdent

Ainsi, dans la CGT, quelques instances - sans remettre en cause la politique du dialogue social ni celle des journées d'action - revendiquent un mot d'ordre clair : le retrait des ordonnances. C'est ce qui est réaffirmé, le 15 septembre en réunion publique, par l'Union départementale du Nord dont le secrétaire déclare, en présence de Philippe Martinez : « Notre appel est clair : le retrait total des ordonnances Macron, de la loi travail et de la loi travail XXL ».

Ainsi, dans FO, sans que le dialogue soit remis en cause, la politique de Jean-Claude Mailly ostentatoirement bienveillante pour Macron, est d'abord contestée lors des mobilisations du 12 puis du 21 septembre, nombre de sections départementales et fédérations se ralliant à ces actions. Puis Mailly est mis en minorité lors du comité confédéral national des 28 et 29 septembre. Ce comité confédéral qualifie de « régression » les ordonnances. La résolution adoptée ne va pas jusqu'à en demander le retrait, et approuve le « travail de concertation » mené par Mailly, mais donne un mandat « impératif » au bureau confédéral pour organiser une mobilisation interprofessionnelle. J.C. Mailly doit donc durcir légèrement le ton. Pas de quoi effaroucher le gouvernement.

Mais cette épisode est la réfraction, au sein de l'appareil syndical, d'une colère qui s'accumule parmi les travailleurs et peut jaillir de façon inopinée.

Autre élément qui indique la fragilité du dispositif gouvernemental : le recul rapide du gouvernement, après quelques jours de mobilisations des routiers salariés contre une conséquence des ordonnances dans le transport. Celles-ci permettraient de remettre en cause, entreprise par entreprise, l'accord de branche qui garantit un certain nombre d'indemnités telles que les repas.

Le 6 octobre, le gouvernement tournait casaque en rase campagne pour éviter que la mobilisation des routiers fasse jonction avec celle des fonctionnaires appelés à la grève le 10 octobre par l'ensemble de leurs fédérations.

Même les medias dominants durent reconnaître qu'il s'agissait bien d'un premier recul alors que l'accord du 6 octobre visait à faire croire que cela ne remettait pas en cause les ordonnances. Sur cette lancée, la direction CGT du transport routier appelait à rallier la mobilisation du 10 octobre car, si l'accord préserve sur cette question la hiérarchie des normes, il demeure « tous les autres aspects des ordonnances », ce qui implique la poursuite de la mobilisation : « Le mot d'ordre quoi qu'en disent les médias n'a pas changé : le retrait des ordonnances dans son intégralité ». Cette formule, claire, diffère de celle de la confédération.


Nourrir les processus en gestation

À l'étape actuelle, la possibilité d'infliger une défaite décisive à ce gouvernement peut sembler lointaine et incertaine. Mais les éléments s'accumulent pour déboucher sur un ou des combats majeurs. Il s'agit donc de contribuer à cette maturation.

Cela passe en particulier par un combat permanent, sur les lieux de travail, et dans les syndicats, contre le dialogue permanent, pour que soient expliqués les réels objectifs du pouvoir, et pour que soient formulées des revendications claires, qui contribuent à la mobilisation et à l'organisation du combat.

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(1) Répondant à un journaliste, P. Martinez justifiait ainsi son refus d'exiger le retrait des ordonnances : « Le retrait des ordonnances, c'est revenir à la loi El Khomri avec laquelle nous n'étions pas d'accord ! Donc nous devons être cohérents, et proposer autre chose ». (Basta Mag le 8 septembre). Or, imposer un tel retrait ouvrirait la voie à l'abrogation de bien des mesures réactionnaires, dont la loi El Khomri.

Photo L'insurgé : la réponse de manifestants à Macron, lors de la journée du 10 octobre 2017 (le 4 octobre, à Égletons Macron s'était entretenu avec A. Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, des difficultés (prétendues) de recrutement d'une fonderie d'Ussel (Corrèze). Alors que les salariés de GM&S licenciés, voulant rencontrer Macron, se faisaient gazer par les forces de l'ordre, Macron lançait : « Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas … »).



Mis à jour le 21 mai 2018


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