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24 septembre 2016, Communiqué
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Syrie

Pour le soutien au peuple syrien,
contre tous les accords contre-révolutionnaires


Hollande s'exprimait ce mardi 20 septembre devant l'assemblée générale des Nations Unies. La veille, un convoi humanitaire d'une trentaine de camions, organisé par l'ONU et le Croissant rouge, avait été bombardé, faisant une vingtaine de morts. Des preuves montraient déjà que les avions russes étaient impliqués. Ces bombardements intervenaient après une semaine de « cessation des hostilités » en Syrie, conclue entre Washington et Moscou. Les jours suivants, Alep était pilonnée (avec plus de 90 civils tués dans la seule journée du vendredi 23 septembre).

Un discours pudique ?

Ce mardi 20, dans son dernier discours au siège de l'ONU, Hollande ne mentionna qu'une fois le régime d'Assad, pour le tenir « responsable » de l'échec du cessez-le-feu. Certes Hollande parla d'Alep, « une ville aujourd'hui martyr », des enfants écrasés sous les bombes, des populations affamées... Mais des responsables de ces crimes, il ne parla point.

L'an passé pourtant, Hollande au siège de l'ONU expliquait que le conflit syrien a « fait 250.000 morts et dont Bachar Al-Assad est le principal responsable, même si maintenant et depuis plusieurs mois le groupe Daech commet des atrocités sans nom. »

Mais un an plus tard, dans son discours, on ne sait plus qui commet les crimes. Assad ni son régime ne sont désignés. Quant à Poutine, Hollande le nomme indirectement : « je dis à ses soutiens étrangers [ceux de Assad] que chacun connaît ici, qu'ils doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec le régime la responsabilité de la partition et du chaos en Syrie. »

Ce n'est pas la pudeur qui empêche Hollande de citer les criminels et leurs crimes, mais son orientation politique.

Une orientation générale

En août 2015, Hollande officialisait le changement de politique vis à vis de Assad. Celui-ci ne devait plus partir, immédiatement, mais être « neutralisé ». En septembre, l'armée française débutait son intervention en Syrie.

Suite aux attentats du 13 novembre, Hollande prôna la nécessité d'une coalition unique incluant la Russie. Mais face aux réticences rencontrées, américaines notamment, il annonça une simple coordination, avec Moscou, de frappes contre Daesh. Moscou qui, déjà, bombardait en priorité les civils et les positions de l'Armée Syrienne Libre.

Le gouvernement français soutint ensuite la coopération qui se renforçait entre Moscou et Washington. Par exemple le 9 mai, la déclaration Kerry-Lavrov fut considérée comme « positive » et devait être mise en œuvre « le plus rapidement possible ». Le 10 septembre, Ayrault expliquait qu'il était « crucial » que l'accord conclu la veille entre Washington et Moscou « soit pleinement mis en œuvre et respecté ».

Le soutien à une telle coopération avec des responsables d'assassinats de masse amène les gouvernements à ne plus les critiquer ; voire, à déformer les faits.

Ainsi pour le gouvernement français, il ne faut surtout pas mentionner les bombardements russes qui visent les civils. Hollande demandait à Poutine, ce mardi, de « forcer la paix ». Mais Poutine a-t-il besoin de se forcer pour interdire à ses avions de bombarder les civils ? Lors de son discours annuel aux ambassadeurs, fin août, Hollande sous-entendait de même que seul Assad bombarde les civils : «Depuis près d'un an, la Russie apporte son concours au régime de Bachar El Assad, qui utilise ce soutien pour bombarder des rebelles mais aussi des populations civiles, ce qui fait le jeu des extrémistes de tout bord. »

Un accord contre la révolution

L'accord conclu le 9 septembre entre Moscou et Washington devait permettre la mise en place de frappes communes par les deux pays, contre Daesh et le front al-Nosra (Fatah al-Sham), si la trêve durait au moins une semaine (trêve qui incluait notamment l'arrivée d'aide humanitaire à la partie Est d'Alep qui est assiégée).

Cet accord par sa nature même est un accord contre la révolution : il est conclu avec une puissance, la Russie, qui massacre ouvertement les civils syriens. Washington en signant cet accord (comme Paris en le reconnaissant) légitime ainsi la politique de Moscou, et au-delà celle du régime syrien.

Le contenu même pose également problème. Le peuple syrien n'a jamais demandé d'intervention militaire de la part de puissances étrangères. Il a montré sa constance dans son combat contre le régime et contre Daesh. Il a combattu également le front al-Nosra (notamment dans la région d'Idlib en 2014) et en 2016, des manifestations régulières ont vu le jour contre ce groupe (comme à Maaraat al-Noman).

Mais aucun impérialisme n'a manifesté son soutien à cette résistance populaire contre al-Nosra. Car en Syrie, pour les puissances régionales comme les puissances impérialistes, le premier ennemi à abattre est la révolution. Et si, cet été, des forces de l'Armée Syrienne Libre ont combattu en coordination avec des forces islamistes, comme l'ancien front al-Nosra (devenu alors Fatah al-Sham) pour rompre le siège d'Alep, c'est que, abandonnées de tous, elles n'ont pas eu le choix.

Enfin, la défiance ouverte des militaires américains face à cette annonce de partage d'information avec Moscou, montre bien que cet accord a un tout autre rôle.

Coopérer au sommet

Le régime d'Assad, avec ses alliés régionaux, n'est pas arrivé à écraser la révolution syrienne. Le renfort russe non plus, dans les six premiers mois. Mais depuis, toutes les puissances impérialistes ont décidé de coopérer ou ont approuvé une coopération avec l'un des meilleurs soutiens de Assad. Le feu vert pour le siège préparant l'écrasement d'Alep a été donné.

Ainsi, le combat contre le soutien de puissances impérialistes aux responsables d'assassinats de masse, le combat contre leur politique contre-révolutionnaire est d'une urgente nécessité.

• Ni Assad, ni Daesh, ni Poutine !

• Non aux bombardements décidés par les gouvernements américains et français : c'est au peuple syrien de décider de son propre avenir et de définir l'aide dont il a besoin

• Aucune collaboration avec les dictateurs !
Ce qui implique notamment de dénoncer l'accord entre Washington et Moscou et le soutien que le gouvernement français apporte à cet accord, et de dénoncer la venue de Poutine à Paris, en octobre, sur l'invitation du gouvernement français.





Mis à jour le 02 mars 2018


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