L'insurgé
La jeunesse est la flamme de la révolution (Karl Liebknecht)
Pour une organisation révolutionnaire
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15 novembre 2015, Communiqué
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Social

La politique impérialiste conduit aux plus grandes catastrophes

Communiqué de L'insurgé après les attentats du 13 novembre à Paris.


Le gouvernement, tous les dirigeants politiques, et les medias, ciblent leur propos contre Daesh qui, à l'évidence, est l'organisateur des massacres qui ont frappé à Paris le 13 novembre, en particulier des consommateurs installés à des terrasses de café, et les participants à un concert au Bataclan. Parmi les victimes : un grand nombre de jeunes, cible première des organisateurs de ces crimes.

Jouant sur l'émotion et la colère, ces dirigeants politiques, Valls avec Hollande en particulier, multiplient les déclarations martiales : « nous sommes en guerre contre une armée terroriste », « nous utiliserons tous les moyens », etc.

Concrètement, cela signifie - en France - une attaque majeure contre les libertés démocratiques, avec notamment l'instauration de l'état d'urgence pour trois mois, et d'autres mesures telle une modification de la constitution. Parallèlement, il est envisagé d'accentuer les opérations militaires en Syrie.

Daesh est certes une organisation totalement réactionnaire, obscurantiste, et recourant à tous les moyens criminels pour arriver à ses fins. Mais de quoi Daesh est il le fruit ?

Sur ce plan, les dirigeants politiques sont plus discrets, voire mentent effrontément.

Aux origines de Daesh

Daesh est le fruit pourri d'une double décomposition de la situation, en Irak et en Syrie. Mais cette double décomposition est elle-même le produit de la politique des impérialismes.

Faut-il rappeler que l'Irak fut envahi et anéanti par une coalition internationale dirigée par les États-Unis, sur la base d'un prétexte mensonger ? Daesh en Irak a fructifié sur la décomposition qui en est résulté.

Et faut-il rappeler que jusqu'en 2011, le dictateur Bachar al-Assad fut reçu avec tous les honneurs, à Paris notamment ? Puis, en 2011, quand éclata la mobilisation populaire pour une Syrie libre et démocratique, les grandes puissances, dont la France, eurent des mots aimables pour cette révolution mais prirent le plus grand soin à empêcher que le peuple syrien puisse se défendre contre les hordes du régime d'al- Assad ? Les gouvernements américains et français se déclarèrent scandalisés par les méthodes de la dictature de Bachar… mais préférèrent que ce régime criminel soit préservé. (On ne parle même pas de l'intolérable complaisance adoptée par certains, dont le FN, à l'égard du régime de Bachar et de son allié Poutine sous l'argument fallacieux que Bachar al-Assad vaudrait mieux que Daesh alors que ce ne sont que les deux faces d'une même barbarie). Le choix de préserver la dictature syrienne pour éviter que la révolution populaire syrienne ne la balaye favorisa le développement de Daesh en Syrie, protégée d'abord par al-Assad puis aidée par certaines puissances locales.

Cette politique menée par Obama et Hollande encouragea Poutine et l'Iran à renforcer continuellement leur soutien à la dictature d'al-Assad.

Finalement, face au risque de désintégration régionale, Obama, Hollande et quelques autres ont décidé des bombardements aériens, qui ne peuvent régler en rien les problèmes politiques.

Nouvelle offensive contre les libertés démocratiques

Dans ces conditions, en France, les rodomontades des « va-t-en guerre » ne vont servir qu'à menacer davantage les libertés démocratiques déjà mises à mal par de nombreuses lois. À l'inverse, la responsabilité des organisations ouvrières (partis et syndicats) et démocratiques est de mobiliser :
  • pour refuser l'état d'urgence, rejeter toutes les mesures liberticides, défendre les libertés démocratiques
  • pour mettre fin aux opérations militaires impérialistes en Irak et en Syrie : c'est aux peuples de décider de leur avenir.
C'est en particulier au peuple syrien insurgé de définir l'aide qu'il estime nécessaire. Et ce n'est pas à une conférence des grandes et moyennes puissances (dont la France) de définir qui doit représenter le peuple syrien.

Le combat des organisations ouvrières et démocratiques en solidarité avec la révolution populaire syrienne doit être renforcé sur le mot d'ordre « Ni Bachar ni Daesh » !

L'immense faiblesse de ce soutien a largement facilité jusqu'à ce jour les manœuvres impérialistes.

15 novembre 2015



Mis à jour le 02 mars 2018


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