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03 décembre 2013, Tract
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Enseignement et Recherche

Rythmes scolaires, statuts des personnels, autonomie de l'université... : nécessité de l'unité pour briser l'offensive gouvernementale contre l'Enseignement public


Depuis mai-juin 2012, le gouvernement installé par Hollande n'a remis en cause aucune des mesures réactionnaires du précédent gouvernement. Pire : à coups de lois et de décrets, il poursuit la politique de contre réformes de Sarkozy.

C'est particulièrement le cas dans l'enseignement public, avec la loi Peillon, la mise en place de nouveaux rythmes scolaires, le projet de destruction du statut des enseignants, et la loi Fioraso à l'université. Pour combattre cette politique, il faut d'abord des mots d'ordre clairs.

Rythmes scolaires : abroger le décret et non l'aménager

Alors qu'ils ne touchent cette année qu'une partie des communes, les rythmes imposés par Peillon suscitent d'ores et déjà une colère grandissante de la part des enseignants mais aussi des parents. Leur mise en œuvre depuis septembre confirme les pires inquiétudes et montre combien les enseignants qui s'étaient mobilisés au printemps dernier avaient raison de rejeter ce qui n'était alors qu'un projet : aggravation des conditions de travail des enseignants et des enfants, désorganisation, dislocation du cadre unifié de l'école et des services. Le décret ne peut être amélioré : il doit être purement et simplement abrogé.

Destruction des statuts de 1950 : retrait pur et simple du projet !

Depuis 1950, le service des enseignants est régi par des textes qui définissent de manière simple le temps de travail des enseignants par le nombre d'heures de cours. Mais ces textes ont un double inconvénient pour la bourgeoisie : ils rendent difficile l'ajout incessant de tâches supplémentaires, et préservent un cadre national pour les statuts des personnels. Sous couvert de prendre en compte ces nouvelles tâches (réunions à répétition, par exemple), le projet défendu par Peillon redéfinit totalement le temps de travail et son organisation en listant un nombre invraisemblable de « missions ». Une fois que le cadre national aura été brisé, toutes les attaques seront possibles.

Fioraso poursuit la dislocation de l'enseignement supérieur : abrogation de sa loi!

En 2007 et 2009, de puissantes mobilisations d'étudiants puis d'enseignants chercheurs s'étaient dressées contre la loi Pécresse qui organisait l'autonomie des universités. La revendication des grévistes était simple ; abrogation de cette loi. Après la défaite de Sarkozy, l'exigence de son abrogation demeurait entière. Le gouvernement s'y refusa, et préféra l'aménager avec la loi Fioraso. Le résultat est que celle-ci accentue le contrôle du patronat sur les universités et organise leur faillite financière.

Non seulement la loi Fioraso n'est pas aménageable, mais sa nécessaire abrogation impose d'abroger aussi la loi Pécresse (ainsi que le système Licence master doctorat - LMD - qui disloque les cursus d'enseignements).

Peillon et Fioraso organisent la dislocation du cadre national de l'enseignement

Le trait commun à toutes ces contre-réformes, c'est de détruire les cadres nationaux des programmes, des horaires, des statuts des personnels, pour détruire le caractère national de l'enseignement public et des diplômes, ce qui est un vieux rêve patronal.

Ainsi, avec les nouveaux rythmes scolaires, l'école passe sous la coupe des maires et des groupes de pression locaux. Selon la mairie, selon ses moyens financiers, l'enseignement ne sera plus le même pour les élèves.

De même, le projet concernant les nouvelles obligations de service remplaçants les textes de 1950 inclut des missions décidées par les groupes de pression locaux à travers notamment les conseils d'établissements.

Quant à l'université, la loi Fioraso parachève l'inégalité du financement et des formations entre les universités et soumet celles-ci aux besoins du patronat local.

Peillon et Fioraso organisent la division entre les personnels

L'objectif du gouvernement Hollande-Ayrault est de transformer les universités, mais aussi les écoles et tous les établissements du second degré en entreprises concurrentes sur le modèle des entreprises privées. Ils tentent en même temps de disloquer toute possibilité de résistance nationale en jouant sur la division entre les catégories.

Ainsi, dans le premier degré Peillon introduit (avec d'autres mots), ce que les enseignants des écoles ont toujours refusé : la transformation du directeur/ de la directrice d'école en personnel ayant autorité sur ses collègues, pour en faire le relais de la hiérarchie. Peillon développe des emplois précaires en collèges et lycées destinés à remplacer les enseignants titulaires. Il cherche à dresser les collègues du second degré contre les collègues de classes prépas alors que son projet menace TOUS les enseignants sans exception. Et, dans ce sale travail, il cherche à utiliser les directions des syndicats.

Assez de Négociations ! Les dirigeants syndicaux doivent être au service des personnels !

Toutes ces mesures ont été discutées durant des mois entre les ministres et les directions syndicales. Ces discussions se sont d'abord tenues dans la plus grande discrétion. Cela a encouragé le gouvernement à poursuivre, et rend les mobilisations difficiles quand les projets deviennent publics. Par ces discussions et concertations, les directions syndicales apportent leur soutien au gouvernement. Dans le même sens, la loi Peillon a été votée non seulement par les députés du PS et les Verts mais aussi par ceux du PCF-Front de gauche. Or l'ensemble de la loi Peillon est inacceptable.

L'exigence s'impose : Arrêt immédiat de toutes les consultations et autres formes de dialogue social !

Assez de divisions : combattre dans l'unité

Quant les mobilisations surgissent malgré la politique des dirigeants syndicaux, ceux-ci tentent alors de disloquer les mobilisations, essayant de les contrôler avec des « intersyndicales » et des actions en ordre dispersé, catégorie par catégorie (par exemple en appelant les seuls enseignants de prépas à la grève). Il faut à l'inverse une action nationale unie, manifestations et grèves dans l'unité, et pour organiser la grève générale.

C'est aux personnels et aux étudiants de contrôler leur lutte

Un mouvement ne peut être victorieux en restant sous le contrôle des dirigeants syndicaux qui ont négocié et souvent défendu ces contre réformes. Mais un mouvement ne peut pas non plus être victorieux en tournant le dos aux syndicats et en les ignorant. La solution immédiate : partout, des assemblées générales intégrant les syndicats. Ce sont ces AG qui seules peuvent définir les revendications et les actions. Cela permet de désigner de véritables délégués, des délégués mandatés par les assemblées générales et non des pseudo délégués choisi par les responsables syndicaux ou des pseudo délégués auto proclamés. Sur cette base, de véritables coordinations et comités de grève peuvent être organisés au niveau local et national.

Infliger une défaite à ce gouvernement

Infliger une défaite au gouvernement sur une seule de ces revendications serait un point d'appui considérable pour arracher les autres revendications, pour engager le combat sur toutes les revendications. C’est la raison pour laquelle Peillon et Hollande s'arc-boutent par exemple sur les rythmes scolaires. Dans chacune de ces batailles, l'enjeu est ainsi considérable. C'est donc le combat dans l’unité qui doit être réalisé, le combat de toutes les catégories, de tous les personnels avec les étudiants, incluant l’ensemble des syndicats, et sous contrôle des Assemblées générales.



Mis à jour le 03 octobre 2014


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